Respiration du Rebirth et Respiration(s) du Yoga

Infolettre Octobre 2016

 

Depuis plus de 30 ans, j'ai eu l'opportunité de pratiquer et/ou de faire pratiquer la respiration en conscience dans le cadre de différentes disciplines de bien-être et d'évolution personnelle; des similarités existent dans les pratiques du souffle mais aussi, comme nous le verrons, des différences marquées en fonction des techniques.

 

La respiration yogique, appelons-là prânayâma pour simplifier les choses, est, compte tenu de l'essor actuel du yoga en occident, devenue familière à de nombreuses personnes; c'est moins le cas de celle du rebirth, appelée également respiration consciente connectée, qui demeure encore assez méconnue auprès du grand public.

 

Nous examinerons, en essayant d'aller à l'essentiel, les spécificités de ces types de respiration tels qu'ils sont pratiqués dans nos pays. Nous verrons également en quoi la respiration du rebirth se distingue du prânayâma et en quoi réside sa force.

 

Notons dès à présent, que le rebirth, dont on dit qu'il s'agirait d'une forme de yoga ancestrale redécouverte assez récemment, correspond à une seule et unique forme de respiration (même si on peut lui reconnaître un certain nombre de variantes). Le prânayâma, quant à lui fait appel à de très nombreuses techniques; la comparaison entre les deux n'est par conséquent pas simple, je me limiterai donc à ce qui me paraît être l'essentiel.

 

 

La respiration yogique

  

Tel que nous le décrit l'un des pionniers du yoga en Occident, André Van Lysebeth, dans son livre Pranayama, - la dynamique du souffle, « Le prânayâma a pour but d'accroître l'absorption et la fixation du prâna, de l'accumuler dans certains centres, puis de répartir cette énergie dans notre corps. ».

 

Le prâna étant cette énergie subtile présente partout dans l'univers, la finalité de la respiration yogique, on le comprend, est donc avant tout énergétique, elle est de ressourcer le corps. Elle contribue ainsi largement à ce sentiment de bien-être, de plénitude, d'avoir pleinement rechargé les batteries que l'on peut ressentir profondément après une session de yoga où le souffle a été largement sollicité.

 

On peut toutefois ajouter que le rayon d'action du prânayâma déborde largement de ce plan énergétique, puisque la maîtrise de ce type de souffle contribue aussi, notamment et entre autres, à une oxygénation idéale du corps, à une purification et une bonne relaxation de ce dernier, à une diminution du stress, à une plus grande clarté mentale, à une meilleur faculté à contrôler les émotions ainsi qu'à un vécu méditatif.

 

La pratique du prânayâma se présente sous de nombreuses formes et nécessite de se conformer à un cadre parfois assez rigoureux et à des modalités respiratoires bien spécifiques. De nombreuses postures du yoga utilisent la respiration abdominale, s'appuyant sur le principe que notre centre de gravité énergétique est situé au niveau du ventre, mais les respirations thoracique et claviculaire sont également utilisées. Ces 3 types de respiration, pratiquées chronologiquement, constituent d'ailleurs ce qui est communément appelé la respiration complète yogique.

 

La plupart des exercices, structurés et cadrés, impliquent une pratique en conscience du souffle par le nez, l'existence fréquente de pauses respiratoires entre inspir et expir, un rythme avec des proportions imposées entre les différentes phase de la respiration qui sont les suivantes : inspir, pause respiratoire, expir, pause respiratoire.

 

Ainsi, pour éclairer ceci par un exemple, la technique dite de prânayâma carré exige que les 4 phases respiratoires décrites ci-dessus soient présentes et pratiquées chacune pendant une durée similaire (d'où la notion de carré) pendant un nombre d'unités de temps bien précises – par exemple 6 temps ou toute autre périodicité choisie; on compte mentalement jusqu'à 6 tout en inspirant avant d'entamer une pause post-inspiratoire à nouveau sur 6 temps, etc...; plus l'on pratique longtemps et plus le mental tend à s'estomper.

 

D'autres exercices de prânayâma sont plus sophistiqués et, tels bhastrika (le soufflet), demandent également un accompagnement par contrôle de la sangle abdominale ou par la mise en place de bandhas (contractions musculaires).

 

 

La respiration du rebirth

  

Cette technique, que l'on peut qualifier de respiration en surventilation, se pratique en conscience et de façon soutenue, soit par la bouche soit par le nez, en conjuguant puissance et douceur; le souffle est dit connecté, c'est-à-dire sans phase de rétention ni entre l'inspir et l'expir, ni entre l'expir et l'inspir, ceux-ci se succèdent et s'enchaînent répétitivement, ce que nous pouvons qualifier de respiration à deux temps.

 

Dans cette technique que l'on pratique préférentiellement allongé sur le dos ou parfois assis, on installe un inspir profond que l'on fait suivre d'un expir détendu; la proportion entre la durée des deux uniques phases respiratoires importe peu dès que l'on a trouvé un confort dans cet art respiratoire. La conscience du souffle, quant à elle, se déplace des pieds à la tête et de la tête aux pieds. On peut en fait considérer la respiration du rebirth comme une sorte de respiration complète yogique (respiration à trois niveaux telle que mentionnée précédemment) assortie d'adaptations spécifiques, avec notamment une attention plus marquée au souffle dans le haut de la poitrine, celui-ci se prolongeant jusqu'aux extrémités du corps plutôt que de rester cantonné au tronc de la personne.

 

Dans la pratique du rebirth, nous prenons à l'inspir tout le meilleur de l'énergie que l'univers nous offre et à l'expir nous nous abandonnons et libérons toutes nos toxines physiques et émotionnelles. Les quelques consignes techniques que nous venons de voir suffisent pour pratiquer ce type de respiration; ceci ne veut pas dire pour autant qu'on devient immédiatement autonome, un accompagnement est vraiment nécessaire pendant les premiers temps d'expérimentation de cette discipline puissante.

 

On voit de suite l'extrême simplicité caractérisant cette technique. Même si, lors d'une première expérience, ce mode respiratoire intense peut paraître un peu surprenant compte tenu de notre façon habituelle et souvent limitée de respirer, il s'agit, à n'en pas douter, d'une forme de respiration très naturelle; elle se rapproche en effet de celle du dormeur en phase profonde ou de celle du bébé ou jeune enfant avant que la vie et ses aléas ne l'aient conduit à adopter un autre schéma respiratoire plus contraint.

 

La respiration du rebirth mérite, à mon sens, d'être qualifiée d'holistique tant elle interagit avec chacun des plans qui nous constituent :

  • elle purifie et relaxe profondément le corps physique, permet d'activer puissamment tous les liquides du corps, de masser les organes et de contribuer à la libération des tensions physiques là où elles se manifestent,
  • elle nourrit chacune des cellules du corps, apporte regain de tonus et de vitalité et procède à une harmonisation de tout notre système énergétique,
  • elle est une porte d'entrée spirituelle, autorisant, dans le lâcher prise, une très grande palette d'expériences, certaines pouvant être qualifiées d'unificatrices ou d'extatiques,
  • elle contribue enfin avec une très grande efficacité, et c'est l'une de ses caractéristiques majeures, à favoriser la libération des énergies bloquées par les émotions qui se sont inscrites dans le corps.

plus d'info sur la pratique de la  Respiration Consciente Connectée ou Rebirth

 

 

Ce en quoi le respiration du rebirth diffère de celle(s) du prânayâma

  

Il existe à l'évidence certains points communs entre les deux types de respiration étudiés, mais aussi de nombreuses différences. Pratiquées en conscience, ces respirations contribuent à la santé, à l'équilibre et au mieux-être de l'être humain, sur les plans physique, énergétique, émotionnel et mental; elles sont également un portail vers de magnifiques expériences spirituelles.

 

Les caractéristiques suivantes donnent toute sa spécificité à la session de respiration rebirth, la distinguant de la plupart des pratiques du prânayâma :

 

  • l'intensité du souffle, une surventilation qui, par définition, accroît considérablement le volume d'air normal absorbé dans un espace de temps donné et qui active puissamment le processus de purification du corps,
  • la pratique, lorsqu'elle est effectuée par la bouche (même si ce n'est pas une obligation), qui permet une prise d'air beaucoup plus ample que lors d'une respiration par le nez, renforçant encore l'intensité de l'expérience,
  • la connexion en boucle de l'inspir et de l'expir, l'absence de pauses respiratoires empêchant durablement le mental de s'installer,
  • l'attention particulière à respirer amplement dans le haut de la poitrine ce qui produit une dynamique respiratoire orientée vers le haut,
  • la durée conséquente de la session de respiration, souvent autour d'une heure, qui finit par favoriser la libération du mental, pour peu que la personne soit disposée à le lâcher,
  • la grande simplicité de son mode opératoire qui fait que le mental n'a quasiment pas à se fixer sur des contingences telles : rythme, nombre de temps, rétentions, contrôle musculaire éventuel, etc..., qui peuvent empêcher le respirant de s'abandonner à l'expérience,
  • des respirant(e)s qui sont au courant de l'émergence, à tout moment possible, de matériau émotionnel refoulé et prêt(e)s à vivre une profonde expérience de ce type.

 A titre de comparaison, les patterns respiratoires du prânayâma diffèrent sensiblement des caractéristiques énoncées ci-dessus; ils sont, en règle assez générale, plus structurés, utilisent une respiration moins intense, par le nez, avec une durée de pratique souvent volontairement limitée, de manière à ce qu'ils ne puissent pas déclencher de situations à caractère psycho-émotionnel.

 

 

Conclusion

  

Au final, ce qui, de mon point de vue, différencie le plus la respiration du rebirth de la plupart des formes de respiration yogique, est sa capacité à déclencher, avec facilité et dans la douceur, de grands nettoyages émotionnels ainsi qu'à offrir, rapidement et facilement, l'accès à de puissantes expériences spirituelles et transpersonnelles. Bien plus qu'une simple discipline d'entretien et de santé, le rebirth constitue une voie d'évolution rapide, que certains n'ont pas hésité à appeler « la voie royale ».

 

On retiendra que la respiration du rebirth et celles du yoga proposent de vastes domaines d'expérimentations propices à l'épanouissement de l'être humain. Chaque personne peut, en fonction de ses désirs et de ses aspirations au bien-être et au changement, décider de pratiquer avantageusement certaines formes de respiration plutôt que d'autres, ou même de pratiquer les unes et les autres, compte tenu de tous les bénéfices qu'elles peuvent procurer...

 

 

Donnons du souffle à notre vie !

 

 

Texte initial Luc Enaut avril 2010 paru sur www.rebirth-france.com - revu et amélioré le 1er Octobre 2016

  

www.respiration-et-conscience.com

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