COMPRENDRE LA MÉCANIQUE DU SOUFFLE

Infolettre  Janvier 2019

 

 

Le processus de la respiration est constitué de différents phénomènes d'ordre mécaniques qui s'accompagnent de phénomènes chimiques permettant les échanges gazeux entre les poumons et le reste du corps, ainsi que d'un volet énergétique qui contribue à l'accroissement et à la redistribution de l'énergie dans les différentes parties du corps. C'est de la mécanique du souffle dont je vais vous parler principalement maintenant, un phénomène tout à la fois aussi simple que compliqué à décrire, je m'en tiendrai donc à quelques grandes lignes en faisant abstraction de nombreux détails afin d'aller à l'essentiel.

 

 

1/ Anatomie succincte du système respiratoire

 

Précisons d'abord que le torse humain est constitué de deux caissons ou cavités principales délimitées à l'arrière par la colonne vertébrale : la cavité thoracique qui contient les poumons et le cœur, et la cavité abdominale, située en dessous, dans laquelle on trouve le foie, la rate et le pancréas, les reins, l'estomac et les intestins.

 

Le système respiratoire comprend :

 

- les voies respiratoires avec le nez et la bouche, le pharynx, le larynx, la trachée et les bronches qui sont les conduits à travers lesquels l'air est acheminé vers les poumons.

 

- les poumons situés dans la cavité thoracique du torse, avec les bronchioles et les alvéoles où vont se produire les échanges gazeux avec le sang.

 

- les nombreux muscles respiratoires, certains étant inspirateurs et d'autres expirateurs, dont le plus important est le diaphragme, un large dôme musculaire et fibreux situé entre les caissons thoracique et abdominal, qui les sépare et les relie à la fois. Lors d'une l'inspiration, le diaphragme s'abaisse tel un piston qui pousse vers le bassin avant de remonter sur l'expir.

 

 

2/ Mécanique du souffle au niveau des cavités abdominale et thoracique

 

- 2a/ Dans la cavité abdominale

 

À l'inspir, l'air remplit la partie basse des poumons, le diaphragme est poussé vers le bas. Cette inspiration diaphragmatique se traduit le plus souvent, mais pas systématiquement, par un gonflement du ventre vers l'avant car il s'agit de la partie la plus facile à déformer, on parle alors souvent de respiration ventrale.

 

Notons que la cavité abdominale, à l'image d'une poche plastique fermée et remplie de liquide que l'on peut déformer avec notre main sans pour autant que son son volume ne change, est un caisson déformable mais son volume global n'est en rien affecté par la mécanique du souffle. Ainsi si certaines contraintes musculaires ou vestimentaires empêchent la déformation ventrale, une déformation de même ampleur, un peu plus haute, latérale, postérieure ou vers le bas de la zone de la cavité abdominale pourra alors se produire ; la respiration diaphragmatique (déclenchée par le mouvement du piston qu'est le diaphragme) n'est alors pas ventrale.

 

- 2b/ Au niveau de la cavité thoracique

 

La respiration dans le caisson thoracique alors qu'il n'y a pas mobilisation du diaphragme, se traduit à l'inspir par un écartement des côtes de droite à gauche ou d'avant en arrière. Le mouvement peut s'effectuer à n'importe quel niveau de la cage thoracique, y compris jusqu'à la première côte lors d'une respiration costale très haute, les muscles inspirateurs appropriés entrant alors en jeu.

 

* Ce type de respiration qui mobilise la cage thoracique chez une personne peut résulter d'un dysfonctionnement, d'une faiblesse, d'un blocage ou d'une non mobilisation consciente ou inconsciente du diaphragme. C'est notamment la forme superficielle de respiration adoptée par beaucoup de gens stressés, caractérisée par une respiration haute et qu'on peut presque qualifier de survie. On voit là tout l'intérêt d'initier un travail sur le souffle et d'apprendre à libérer son diaphragme pour pouvoir se libérer de son stress, sachant que, dans ce type de respiration, les échanges gazeux et énergétiques du corps sont très limités.

 

* Cette respiration peut, chez une personne dont le diaphragme fonctionne correctement, être enchaînée à une respiration de type diaphragmatique sur un même inspir. Dans ce cas le remplissage d'air dans la partie basse des poumons a permis mécaniquement la poussée du diaphragme vers le bas, ce dernier est temporairement immobilisé sous l'effet des forces en présence. Désormais tout l'air inspiré en excédent va remplir la partie moyenne et haute des poumons et autoriser l'expansion de la cage thoracique vers le haut ou vers les côtés.

 

Mentionnons aussi qu'une respiration diaphragmatique peut également se manifester dans la cavité thoracique (eh oui!) par un écartement limité aux côtes basses, en place ou bien souvent en accompagnement d'une déformation ventrale ou proche du ventre (voir ci-dessous).

 

 

3/ Quelques grands types de respiration

 

La Respiration dans le haut de la poitrine (dite aussi claviculaire)

 

Une inspiration costale dans la partie haute du thorax mobilise les muscles pectoraux tandis que l'expiration se fait pas apesanteur.

 

- On pratique assez fréquemment cette respiration de façon naturelle lors d'une phase de repos ou lors d'une activité reposante. Dans ce contexte, elle est en général produite de matière non consciente et il s'agit d'une respiration de petite amplitude qui se cale sur nos besoins minimums en oxygène et en énergie.

 

- Si, à cause de limitations physiques, c'est le seul mode de respiration praticable par une personne, cette respiration est peu nourrissante et entretient la vie de façon limitée. Peu d'alvéoles pulmonaires sont par ailleurs impliquées dans les échanges gazeux avec le sang dans ce mode respiratoire, ce qui limite son efficacité. Cette façon de respirer trouve par contre tout son sens et son utilité lorsqu'elle est réalisée en complément d'une respiration de type abdominale (voir ci-après).

 

La respiration costale basse

 

Ce type de respiration est obtenu par le mouvement des côtes basses, situées juste au dessus du nombril, dans le cadre d'une respiration de type diaphragmatique sur l'inspir, et costale réalisée par les muscles abdominaux sur l'expir ; elle permet un renforcement des muscles intercostaux et une meilleure élasticité de la cage thoracique.

 

La respiration dans l'abdomen (dite aussi ventrale)

 

C'est la respiration diaphragmatique par excellence sur l'inspir car le diaphragme, tel un piston, s'abaisse et induit le gonflement du ventre. C'est une respiration abdominale sur l'expir car elle réalisée alors par une mobilisation des muscles abdominaux.

 

Il s'agit d'une très bonne respiration de par ses effets mécaniques (massage des organes, décongestionnement du corps), chimiques (une majorité des alvéoles pulmonaires participent aux échanges gazeux avec le sang) et énergétiques (accumulation d'énergie dans le centre de gravité énergétique du corps).

 

La respiration yogique à 3 niveaux (ou respiration complète yogique)

 

Enchaînant les 3 respirations précédentes (en ordre inversé), cette grande et excellente respiration classique du yoga allie une mécanique régulée par le mouvement du diaphragme et par celui des côtes. Toutes les parties du tronc sont sollicitées mécaniquement, induisant un état optimal de fonctionnement du processus respiratoire et du corps.

 

L'inspiration se fait du bas vers le haut du corps - du ventre vers le haut de la poitrine - le diaphragme est poussé vers le bassin et fait bouger d'abord le ventre puis les côtes basses avant qu'une inspiration costale haute ne prenne le relais dans la partie supérieure du thorax jusque sous les clavicules.

 

Pour ce qui est de l'expiration, deux écoles existent. Dans la première on laisse se dégonfler d'abord le haut de la poitrine, puis les flancs se resserrent et en dernier le ventre se rentre. Ce mode de fonctionnement, le plus courant au demeurant, a ma préférence car il permet de garder la zone du ventre plus longtemps activée avec tous les avantages que cela présente en terme de volume de gaz échangé et d'énergie accumulée lors d'un cycle respiratoire. Dans la seconde école, l'expiration s'effectue progressivement à l'inverse, de bas en haut, le ventre rentrant alors en premier.

 

Pour plus d'info et en particulier pour les bienfaits également au niveau chimique et énergétique de cette respiration, je vous renvoie à la newsletter que j'ai écrite sur la respiration complète yogique.

 

 

Si vous souhaitez plus d'info et pousser encore plus loin dans l'anatomie respiratoire, je vous suggère chaleureusement de lire cet excellent livre sur le sujet : 

Respiration – anatomie geste respiratoire de Blandine Calais-Germain Ed désiris

 

 

Bonnes respirations !

 

 

www.respiration-et-conscience.com

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