COMMENT APAISER CORPS ET ESPRIT AVEC LA RESPIRATION

Infolettre  Novembre 2019

 

 

Nous sommes tou-te-s à un moment ou un autre amené-e-s à vivre des épisodes de stress ou de tourments divers et variés dans nos vies, et il est parfois difficile de lâcher notre agitation mentale et physique et de revenir rapidement à un état plus serein et d'harmonie du corps et de l'esprit.

 

Il existe différentes techniques permettant de retrouver l'apaisement pendant et après la tempête, et dans de telles situations, la respiration est l'un des outils qui peut nous être du plus grand secours.

 

Voici dans l'exposé qui suit une pratique de respiration basée sur la détente de l'expiration, très efficace pour calmer les diverses tensions qui peuvent nous accaparer. Je vous proposerai plusieurs variantes et vous pourrez donc choisir celle qui vous conviendra le mieux, celle que vous ressentirez comme la plus plaisante et la plus efficace pour vous, celle qui vous procurera le plus d'apaisement.

 

 

Modalités

 

Cette forme de respiration apaisante se pratique en pleine conscience avec comme caractéristique essentielle une expiration profonde, détendue et relâchée. L'expir est la phase de la respiration qui va fondamentalement générer l'apaisement et le calme. Au contraire de la phase d'inspir qui est une phase de prise d'air et de stimulation énergétique, pendant l'expir notre système nerveux parasympathique, qui est la partie freinatrice de notre système nerveux, va permettre d'induire la détente, de générer un relâchement de notre corps, de notre cœur et de notre esprit.

 

Précisons que cette technique de respiration se pratiquera par ailleurs

 

- préférentiellement par le nez bien qu'elle puisse l'être également par la bouche,

 

- avec un inspir et un expir bouclés, c'est-à-dire qui se succéderont immédiatement l'un et l'autre sans installation de pause entre les deux, sinon une courte pause qui s'intercalera naturellement lorsque l'on basculera de l'un à l'autre.

 

 

Différentes variantes

 

Vous connaissez la célèbre histoire de l’œuf et de la poule avec la question qui se pose : qui est arrivé en premier des deux ? La poule pond l’œuf mais la poule est issue de l’œuf, alors quel est celui des deux qui a précédé l'autre ?

 

D'une certaine façon, la même question se pose au niveau du souffle et elle a alimenté depuis fort longtemps les chroniques de la respiration et du yoga. Dans le processus de respiration et les techniques et pratiques du souffle, l'inspiration doit-elle précéder l'expiration ou bien est-ce le contraire ? Faut-il emplir ses poumons avant de pouvoir les vider, ou bien faut-il d'abord les vider avant de mieux pouvoir les emplir ? Quelle phase active du souffle va donc précéder la suivante ? La question est simple mais les avis sont partagés sur la réponse, ce qui atteste précisément que cette réponse est à dimension variable.

 

Pour ce qui est de la forme de respiration qui nous concerne avec un expir qui crée la détente, les deux options suivantes peuvent être pratiquées :

 

 

Variante 1 : L'inspir est actif et l'expir passif

 

Le cycle de respiration est constitué d'une inspiration active qui précède l'expiration. Nous nous focalisons sur notre inspir et nous remplissons nos poumons au mieux de nos possibilités, notre diaphragme se contracte et s'abaisse. Puis nous laissons l'expir se produire naturellement sans aider à le déclencher tandis que le diaphragme se détend et remonte. Ainsi quand nous avons inspiré à notre maximum, l'expir apaisant se produit de lui même sans aucune volonté consciente de notre part. Nous pouvons simplement, s'il est naturellement plus court que l'inspir l'aider consciemment à s'allonger un peu, de façon à obtenir une expiration de durée plus longue que celle de l'inspir, ce qui amènera de manière générale beaucoup plus de détente.

 

 

Variante 2 : L'expir est actif et l'inspir passif

 

Dans beaucoup de formes de respiration, l'expir est plutôt de nature passive, ce ne sera pas le cas ici. Le processus de respiration est initié par une expiration volontaire lente, profonde, détendue et en pleine conscience qui contribue au vidage des poumons. Lorsque ces derniers sont en grande partie débarrassés de leur air, le diaphragme est relâché et en position haute, l'inspir s'enclenche ensuite spontanément de lui-même tandis que le diaphragme s'abaisse. Nous ne prenons pas ici un inspir volontaire mais nous laissons au contraire le corps prendre de lui même cet inspir dès qu'il en ressent la nécessité vitale afin de pouvoir continuer à nous recharger en air et en énergie. Cet inspir aura la plupart du temps une durée plus courte que celle de l'expir qui le précède dès lors que l'on ne force rien. De nombreuses personnes trouvent cette variante d'une plus grande efficacité que la précédente, à vous de pratiquer, de ressentir et de vous faire votre expérience personnelle !

 

Il existe par ailleurs une façon intéressante d'enrichir cette variante de respiration : la base de la pratique est identique pour ce qui est de l'expir et de l'inspir, mais nous lui adjoignons une fermeture des yeux sur toute la phase de l'expir et une ouverture de ceux-ci pendant la période de l'inspir. Chaque fois que je libère l'air de mes poumons de façon à la fois active et détendue, j'accompagne mon expiration en fermant mes yeux, et lors de la prise d'air passive qui s'ensuit ces derniers demeurent ouverts, puis je continue ainsi lors des respirations suivantes. Je vous invite vivement à tester les effets éminemment relaxants de cette respiration.

 

À noter qu'il existe une troisième variante, peu judicieuse car génératrice de déperdition énergétique, qui est celle d'un inspir et d'un expir tous deux actifs. En quelque sorte une option yang-yang alors que notre fonctionnement physiologique est profondément équilibré yin-yang par nature. Pourquoi générer un expir en force après un inspir actif alors que cet expir est à même de se réaliser de lui même naturellement dans la douceur, ou bien encore pourquoi vouloir volontairement déclencher un inspir après un expir actif alors que le corps n'aura pas d'autre issue que celle d'inspirer de nouveau naturellement dans la foulée de l'expir ?

 

Comme on peut le constater dans les deux variantes respiratoires 1 et 2 développées ci-dessus, qu'il soit passif ou actif, c'est bien l'expir, son caractère relâché et sa durée qui vont contribuer au caractère apaisant de ce type de respiration. Avec le constat intéressant qu'un expir à caractère actif peut toutefois également être synonyme de relâchement et de décontraction, ce côté volontaire n'entrant pas en contradiction avec son caractère apaisant.

 

 

Expérimentez !

 

Voici donc une excellente pratique de respiration pour calmer corps et esprit à l'aide d'une expiration profonde et détendue. Il convient tout particulièrement de la réaliser pendant ou après certaines situations difficiles et/ou stressantes de la vie, elle permet d'apaiser efficacement les angoisses, de calmer le corps et de le remettre en harmonie avec sa fréquence fondamentale d'équilibre. Il sera par contre parfois moins judicieux de la pratiquer de manière préventive car son effet apaisant, fort efficace, pourrait aller à l'encontre du niveau d'activité qui nous est demandé, à voir en fonction des circonstances...

 

Pour ce qui est des deux variantes présentées, laquelle pratiquer préférentiellement, celle avec l'expir passif ou avec l'expir actif ? Il existe des adeptes pour chacune d'entre elles mais en définitive c'est chacun-e d'entre nous qui détenons notre propre réponse. C'est avant tout notre vécu personnel, la qualité des ressentis perçus dans l'expérience du souffle qui nous feront privilégier une option plutôt que l'autre. En effet, en fonction de notre histoire de vie, du niveau de fluidité de notre souffle induit par les événements qui ont émaillé notre existence, des blocages inscrits dans notre corps, et de la relation que nous entretenons avec notre respiration au quotidien, l'une des variante pourra nous apparaître naturellement plus agréable à pratiquer, plus calmante et relaxante.

 

Dès maintenant, accordez-vous 5 à 10 minutes, pas moins, afin de pratiquer chacune de ces deux variantes de respiration en prenant le temps de véritablement entrer dedans. Vous découvrirez celle qui vous calme et vous apaise le plus, vous identifierez ainsi laquelle pratiquer lorsque vous en ressentirez le besoin dans votre journée ou bien lors d'un moment privilégié qui vous convient, au coucher par exemple afin de mieux vous endormir.

 

 

Bonnes et apaisantes respirations !

 

 

www.respiration-et-conscience.com

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