cinq idées reçues sur la respiration

Infolettre Novembre 2017

 

 

1/ Nous inspirons de l'air majoritairement composé d'oxygène et nous expirons principalement du gaz carbonique 

 

Qui n'a pas le souvenir d'avoir appris à l'école ou au collège que, lorsque nous respirons, nous inspirons de l'oxygène O2 et nous rejetons du gaz carbonique CO2 ?

 

Ceci est correct, mais nous en avons parfois retenu que l'air que nous inhalons était principalement composé d'O2, et l'air expiré principalement de CO2. La réalité est plus complexe même si ces deux molécules sont bien les éléments déterminants du processus respiratoire. Voici quelques informations pour étayer cela :

  

- Quand nous inspirons,

 

a/ Nous inhalons un air ambiant composé à plus de 78% d'azote N2 ; on parle assez peu de cette présence prédominante de l'azote dans l'air, un pourcentage non négligeable de celui-ci sera pourtant absent de l'air expiré prouvant que ce gaz n'est pas resté totalement inerte dans la respiration. Il semble bien que son rôle principal, combiné sous forme d'oxyde d'azote NO dans les sinus, soit d'être un vaso-dilatateur des vaisseaux sanguins ; grâce à lui, 15 pourcent d'O2 supplémentaire serait ainsi transporté vers les poumons lors d'une inspiration nasale.

 

b/ Cet air inspiré n'est, au bout du compte, composé que de 21% d'O2 dont une partie sera acheminé par le sang vers les cellules du corps.

 

c/ Une très faible proportion de CO2 (de l'ordre de 0,04% en moyenne) est présente, à laquelle s'ajoutent des traces de vapeur d'eau, ainsi que d'autres gaz variés. 

 

- A l'expir,

 

a/ Il subsiste une grande proportion de l'azote N2 inspiré (autour de 75 %), même si une petite partie a disparu, combinée notamment sous forme d'oxyde NO comme mentionné plus haut.

 

b/ On découvre avec étonnement qu'une important proportion d''oxygène O2, environ les deux-tiers de celui qui a été inhalé (autour de 14 %), est exhalé et n'a pas participé aux échanges gazeux,

 

c/ Le CO2 est le gaz essentiel libéré à l'expiration, il n'en reste pas moins qu'il ne constitue que seulement autour de 5% du volume d'air rejeté par les poumons. Sont également rejetés à l'expir 6% de gaz constitués de vapeur d'eau et autres gaz divers.

 

 

Plusieurs phénomènes sont donc frappants et assez méconnus dans ce processus de respiration :

 

1/ Nous inspirons et expirons majoritairement de l'azote N2, dont une très grande partie semble rester neutre tandis qu'une partie beaucoup plus faible aurait, après transformation en oxyde d'azote, un rôle de vaso-dilatateur des vaisseaux sanguins.

 

2/ L'essentiel de ce processus nécessaire à la vie se fait en inhalant un composant minoritaire de l'air, l'oxygène (seulement 21% de cet air), dont seul un faible pourcentage, environ un tiers, sera présent dans les échanges gazeux, les deux autres tiers étant rejetés à l'expir.

 

3/ Le CO2 produit, qui résulte de ces échanges gazeux fondamentaux ne représente qu'une partie très minoritaire des gaz rejetés sur l'expir (environ 5%).

 

 

La conclusion la plus marquante de tout ceci est qu'un pourcentage élevé des composants présents dans l'air que nous inhalons reste inactif, tandis que seule une petite partie de ceux-ci contribue à la respiration cellulaire à proprement parler avec utilisation de l'oxygène, création et rejet de gaz carbonique. D'où le vif intérêt, dans certains domaines, pour utiliser un air enrichi en oxygène, que ce soit dans un contexte médical ou bien sportif afin d’améliorer la santé ou les performances des individus.

 

 

2/ Respiration diaphragmatique et respiration ventrale, c'est la même chose

  

C'est du moins ce que l'on lit dans de nombreux livres, publications ou sur beaucoup de sites internet. Ce n'est pourtant pas le cas mais il est intéressant de comprendre pourquoi cette confusion existe et de l'expliciter.

 

- La respiration ventrale (qu'on appelle aussi abdominale) est une respiration qui se manifeste par un mouvement très facilement observable du ventre qui se soulève sur l'inspiration et se dégonfle sur l'expiration.

 

- La respiration diaphragmatique est une respiration induite par l'action mécanique du diaphragme, ce dernier agit tel un piston séparant les cavités thoracique et abdominale et se contracte sur l'inspiration en descendant vers le bassin. Cela se manifeste le plus communément par un gonflement observable au niveau du ventre car l'endroit le plus facilement et naturellement déformable, suite à la pression exercée par le diaphragme, se situe précisément ici. La respiration diaphragmatique se traduit donc par une respiration abdominale, mais il se trouve qu'elle peut aussi, dans certaines situations, se manifester d'autres façons par une respiration non ventrale.

 

Plusieurs cas sont alors à distinguer :

 

- plutôt que de s'exprimer au niveau du ventre, si certaines résistances, notamment de type musculaires voire vestimentaires, viennent à se produire, le mouvement du diaphragme peut alors se répercuter en générant une respiration diaphragmatique de type dorsale (encore appelée respiration diaphragmatique postérieure), diaphragmatique latérale ou même diaphragmatique périnéale.

 

- lorsque le diaphragme ne peut s'abaisser car la zone abdominale marque une franche résistance,

 

la respiration diaphragmatique peut alors se manifester différemment, en l’occurrence par un écartement costal plutôt qu'un mouvement ventral

 

- une combinaison des mécanismes ci-dessus se produit couramment, ainsi une respiration diaphragmatique peut se traduire par un bombement du ventre et un petit écartement costal.

 

 

Donc en conclusion et pour faire simple, une respiration ventrale est produite par le mouvement de piston du diaphragme, elle émane donc d'un processus de respiration diaphragmatique. Mais une respiration diaphragmatique, bien que ce soit souvent le cas, ne produit pas toujours une respiration de type ventrale ou exclusivement ventrale.

 

Respirations diaphragmatique et ventrale ne sont pas identiques.

 

 

3/ La respiration est avant tout un processus mécanique et chimique

  

Le processus respiratoire complet s'accompagne 1/ d'une mécanique en bonne partie régulée par le mouvement du diaphragme qui entraîne le plus souvent, comme on vient de le voir plus haut, mais pas toujours, le gonflement du ventre 2/ et également d'une dynamique complémentaire, cette fois non diaphragmatique, qui permet l'écartement et le soulèvement des côtes du thorax.

 

Lors de ce processus, l'air est transporté jusqu'aux poumons où s'effectuent les échanges gazeux avec le reste du corps, la respiration pulmonaire laisse alors la place à la respiration cellulaire. A l'inspiration, on sait que notre sang et nos cellules s'enrichissent en oxygène, tandis qu'à l'expiration sont libérés entre autres gaz carbonique et déchets gazeux variés.

 

Mais cette respiration est loin de se limiter à ce rôle qu'on lui attribue traditionnellement dans notre société occidentale. C'est d'ailleurs loin d'être un hasard si le mot Souffle et le mot Énergie sont le même dans de nombreuses langues et cultures du monde.

 

Il existe bel et bien, et elle est fondamentale, une composante énergétique de la respiration où l'énergie véhiculée, appelée prâna, chi, qi selon les traditions, circule dans certains canaux spécifiques et est accumulée/stockée dans des centres bien précis. Il s'agit des nadis et des chakras pour les Indiens, des méridiens et des dan tien pour les Chinois, pour ne citer qu'eux. La culture yogique considère ainsi que la respiration a pour but principal d'accroître l'absorption et la fixation de cette énergie, de l'accumuler dans ces centres, afin de la répartir ensuite dans les différents endroits du corps. Cette composante-énergie du souffle présente dans l'air inspiré au même titre que l'oxygène vise donc, dans cette conception à principalement ressourcer le corps.

 

Mais cela va beaucoup plus loin que cela, on reconnaît au processus de respiration énergétique au sens large, de nombreuses autres qualités, utilisées d'ailleurs par beaucoup de thérapies, dont celles de permettre la régulation des émotions, une meilleure gestion du stress et de ses effets, un accès à une meilleure clarté mentale, et de faciliter les expériences méditatives. La respiration affecte tous les plans subtils de notre être tel un véritable portail entre les mondes. Je ne m'étendrai pas là dessus aujourd'hui, mais pour plus d'infos sur certaines des implications de la respiration aux différents niveaux de l'être, vous pouvez par exemple consulter ma lettre sur La pratique de la Respiration Consciente Connectée

 

Retenons que la respiration va bien au delà du processus physico-chimique que l'on nous présente dans le monde occidental, il s'agit d'un processus réellement holistique reconnu en tant que tel depuis des millénaires dans certaines cultures et qui englobe toutes les dimensions physique et subtiles de l'être humain.

 

 

4/ Il est indifférent de respirer par le nez ou par la bouche tant qu'on respire

  

Quelques faits sur ces deux modes de respiration :

 

- La respiration par les narines

 

a/ Permet le filtrage grossier, grâce au mucus et aux cils vibratiles, des bactéries, particules, poussières et autres pollutions présentes dans l'air inspiré, ainsi que l'humidification et le réchauffement de l'air pour un échange O2/CO2 optimal.

 

b/ Lorsque nous inspirons par le nez, la muqueuse nasale côtoie les terminaisons du nerf olfactif et notre odorat peut contrôler la qualité de l'air inspiré et ainsi éviter ou réduire l'ingestion d'air vicié.

 

c/ La respiration par le nez est plus calme, plus apaisante et plus subtile que celle réalisée par la bouche.

 

d/ Enfin sur le plan énergétique, et il s'agit d'une fonction cruciale, la respiration par le nez permet d'absorber l'énergie vitale présente dans l'air et de la rendre disponible pour notre corps à travers les circuits énergétiques reliés aux narines, circuits qui sont inexistants au niveau de la bouche.

 

- Pour ce qui est de la respiration par la bouche,

 

a/ On la pratique dans des circonstances spécifiques, lorsque les narines sont obstruées ou quand d'importants efforts physiques doivent être produits, ou bien encore dans le cadre de pratiques musicales ou sportives intenses. Comme on le voit, il s'agit plus là de situations de remplacement par nécessité, d'urgence ou d'effort.

 

b/ Elle se pratique également fréquemment dans un contexte thérapeutique, dans le cadre de certaines techniques puissantes de souffle telle la Respiration Consciente Connectée, notamment afin de permettre un lâcher-prise de la personne et de son mental et de favoriser certaines libérations émotionnelles.

 

Les raisons qui viennent d'être évoquées nous portent donc à accorder une préférence marquée, dans la plupart des cas de la vie habituelle et lorsque les conditions le permettent, à une pratique de la respiration par le nez, laissant la pratique par la bouche à des circonstances spécifiques.

 

plus d'infos et de détails sur ce sujet dans l'infolettre consacrée à ce thème

 

 

5/ Chacune de nos 2 narines fonctionne à l'identique

  

Cela peut paraître surprenant mais chacune de nos narines joue un rôle différent et bien spécifique dans la fonction respiratoire. Au niveau de leur fonctionnement, à un moment donné dans le temps, une narine est libre et en pleine activité, tandis que la seconde fonctionne de manière plus réduite. Pendant une certaine période de temps l'une des narines est donc dans sa puissance tandis que l'autre est en service minimal et attend de prendre son tour. Une alternance du flot respiratoire, avec l'air et l'énergie qu'il véhicule, se produit à intervalle assez régulier entre les narines, cette bascule d'activité d'une narine sur l'autre se produit en moyenne toutes les une à deux heures.

 

Chaque narine a une fonction bien particulière qu'elle remplit lorsque son tour est venu. Ainsi selon les textes de la tradition yogique, la narine gauche contrôle la sphère mentale tandis que la narine droite contrôle les actions du corps. La narine gauche a par ailleurs pour caractéristique de véhiculer une énergie lunaire de caractère apaisante, calmante et rafraîchissante. La sphère mentale/émotionnelle la caractérisant, lorsque la narine est libre, les émotions sont calmes. La narine droite, possède, quant à elle, une énergie de type solaire avec son côté réchauffant, tonifiant, vivifiant ; l'activité physique et la mémoire sont renforcées quand l'activité de cette narine domine.

 

Durant les quelques minutes pendant lesquelles se produit la bascule de l'activité respiratoire d'une narine vers l'autre, les deux narines fonctionnent de manière équilibrée, le mental et le corps sont alors l'un et l'autre apaisés, il s'agit d'un moment privilégié pour favoriser l’entrée dans le processus de méditation. La Respiration Alternée est un magnifique exercice qui permet également, au lieu d'attendre que ce moment de bascule ne se produise naturellement, d'égaliser le courant d'énergie dans nos deux narines et de purifier notre système énergétique.

 

Plus d'infos sur les Caractéristiques des narines dans la respiration

 

 

www.respiration-et-conscience.com

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